DémarcheComment lire cet outil — logique de construction en 7 étapes
Cet outil modélise, à l'échelle du territoire SMVIC (Saint-Marcellin Vercors Isère), les flux financiers du système alimentaire — d'où vient l'argent, où il part, et ses impacts — pour ensuite simuler un scénario de déploiement du dispositif de Sécurité Sociale de l'Alimentation (SSA). L'objectif de ce travail est d'ouvrir une lecture économique, de santé publique et environnementale (« One Health ») au sujet militant SSA, et d'interroger le bénéfice d'un développement de la production locale à des échelles élargies (bassin de vie, département, région).
⚠ Outil de travail en cours (WIP). Les données par défaut sont des estimations à confronter aux données réelles du territoire — chaque valeur reste modifiable dans les onglets suivants.
Les 7 étapes de la modélisation — un onglet par étape
1
Population & Revenus — onglet ①
Approche contextuelle sur base démographique : population, ménages, structure socio-économique (actifs, retraités, allocataires) et niveaux de revenus. Objectif : dimensionner la masse de revenus du territoire pour identifier, en aval, le volume financier potentiellement dédié à l'alimentation.
2
Flux alimentaires — onglet ②
Dépenses alimentaires rapportées aux revenus, puis ventilation de ce flux financier entre les grands circuits de distribution : grande distribution (GMS), commerce local spécialisé, e-commerce/vente à distance, restauration hors domicile (RHD), vente directe producteur.
3
Filières locales & Exports — onglet ③
Dimensionnement des filières agricoles du territoire et de leurs débouchés export, pour construire une vision économique d'ensemble (et pas seulement les dépenses des ménages). Cette base permet d'imaginer les variations produites par un scénario SSA : effets économiques, gains de productivité, usages des sols mobilisés pour la production locale.
4
Scénario SSA — onglet ④ · en développement
Paramétrage d'un dispositif de Sécurité Sociale de l'Alimentation : taux de participation des ménages, part du budget flêchée vers des lieux conventionnés, montée en charge. Ce module reste à enrichir (variantes économiques, gains de productivité agricole, arbitrages d'usage des sols).
5
Impact économique — onglet ⑤
Effet multiplicateur local, emplois créés, masse salariale réinjectée et impact sur la fiscalité locale (TaSCom, CFE, taxe foncière) — la part strictement économique et budgétaire du scénario.
6
Externalités · One Health — onglet ⑥
Les externalités sont isolées dans leur propre onglet et élargies à une lecture One Health : santé humaine (pathologies chroniques liées à l'alimentation), santé environnementale (sols, biodiversité, carbone) et lien social — trois dimensions interdépendantes que la relocalisation alimentaire peut mobiliser conjointement.
7
Bilan — onglet ⑦
Tableau comparatif avant/après SSA et arguments de synthèse — support de restitution pour les élus et les acteurs de santé du territoire.
Pourquoi croiser économie et santé ? Le système alimentaire est un point de convergence entre revenus des ménages, modèle économique agricole, qualité nutritionnelle et empreinte environnementale. La grille de lecture One Health part du principe que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont interdépendantes : un scénario de reterritorialisation alimentaire (SSA) agit potentiellement sur les trois à la fois, ce qui justifie de sortir les externalités de la seule colonne « impact économique » pour leur donner un traitement à part entière (onglet ⑥).
Étape 01Base démographique et revenus du territoire
Population totale
45 296
47 communes · SMVIC
Ménages estimés
—
taille moy. 2,21 pers.
Masse de revenus totale
—
/an estimé
Revenu moy./ménage
—
/an
👥Paramètres démographiques
Population totale INSEE RP2023
Périmètre intercommunal SMVIC (200070431)
hab.
Taille moyenne des ménages INSEE RP2023
Nombre moyen d'occupants par résidence principale
pers.
Part actifs occupés INSEE RP2023
% ménages — personne de réf. agricultrice, artisane/commerçante, cadre, prof. intermédiaire, employée ou ouvrière
%
mén.
Part retraités INSEE RP2023 · estimation
% ménages — personne de réf. retraitée
%
mén.
Part allocataires INSEE RP2023 · estimation
ARE, RSA, AAH, autres minima sociaux
%
mén.
€Niveaux de revenus annuels
Revenu net moy. — actifs INSEE 2024
Salaire net mensuel moyen EQTP ensemble (2 289 €) × 12
€/an
Pension retraite moyenne DREES 2023
Pension moyenne brute droit direct, tous régimes (1 666 €/mois) × 12
€/an
Prestation sociale moy. CNAF/DREES 2024
RSA socle personne seule (635,71 €/mois) × 12 — référence basse ; l'AAH (1 016 €/mois) est nettement supérieure
€/an
Masse salariale
—
Masse retraites
—
Masse prestations
—
Sources : Population et taille des ménages : Insee, RP2023, dossier complet EPCI Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté (200070431), paru le 27/08/2026. Structure socio-professionnelle des ménages (part « actifs occupés ») : Insee, RP2023 exploitation complémentaire, table FAM T2 (ménages selon le groupe socioprofessionnel de la personne de référence — 63,2% en emploi). Les parts « retraités » et « allocataires » ne sont pas détaillées par l'Insee au niveau de la personne de référence des ménages sur ce territoire ; elles sont donc estimées en répartissant le solde (36,8%) selon le ratio national retraités/autres inactifs observé dans la population de 15 ans ou plus du territoire (Insee RP2023, table POP T7). Revenus : salaire net mensuel moyen EQTP (Insee, Base Tous salariés 2024) ; pension de retraite moyenne brute (DREES, Les retraités et les retraites, édition 2025, données fin 2023) ; RSA socle (CNAF/DREES, barème au 1er avril 2024). Pour rappel, le niveau de vie médian du territoire est de 26 180 €/an et le taux de pauvreté de 11,5% (Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-Ccmsa, Filosofi 2023).
Note méthodologique : le nombre de ménages est ici recalculé comme population ÷ taille moyenne des ménages, cohérent avec la structure du modèle. Le chiffre obtenu (~20 500) est très proche du nombre réel de résidences principales du RP2023 (20 136), l'écart s'expliquant par le fait que la population totale (45 296 hab.) inclut des personnes hors ménages ordinaires (habitat collectif), non comptées dans les 20 136 résidences principales.
Étape 02Dépenses alimentaires et ventilation des flux — ménages du territoire
Budget alim. total / an
—
ensemble des ménages
Fuite totale hors territoire
—
GMS nationales + RHD fuite + e-com
Circuits locaux (actuel)
—
marchés, AMAP, bio local, directe
Budget moy./ménage
—
€/an/ménage
Données INSEE 2024 (parts de marché nationales, commerce de détail alimentaire) :
Grandes surfaces d'alimentation générale = 59,4% · Magasins alimentaires spécialisés + artisanat commercial = ~18,5% · Vente à distance (drive, e-commerce) = ~7,5% · Commerce de gros, ventes directes producteurs = ~5% · Autres = solde.
Ces parts concernent le commerce de détail hors restauration. Source : INSEE comptes du commerce — base 2020, données 2024
%Part alimentaire dans les revenus
Actifs occupés CREDOC 2024
Coefficient budgétaire alim. à domicile + RHD
%
Retraités CREDOC 2024
Part plus élevée dans le budget
%
Allocataires INSEE
Part très élevée pour les ménages modestes
%
↗Ventilation des achats alimentaires à domicile
% + montant absolu (se synchronisent). Référence nationale INSEE 2024 indiquée.
Grande distribution nationale (GMS) ↔ INSEE 59,4%
Hypers, supermarchés, drives — fuite hors territoire
%
€
Commerce alimentaire local spécialisé ↔ INSEE ~18,5%
Boucheries, primeurs, bio, épiceries locales
%
€
Vente directe / circuits courts locaux
AMAP, marchés fermiers, vente à la ferme
%
€
E-commerce & vente à distance ↔ INSEE ~7,5%
Drive, livraison domicile, commande en ligne
%
€
⚠ Total achats dom. : —% (hors RHD) — doit approcher 100%
🍽Restauration hors domicile (RHD) — ventilation fuite / local
La RHD représente ~20–25% du budget alimentaire total. Une large part échappe au territoire (chaînes, restauration rapide, cantines gérées par des groupes nationaux). Environ 60% peut être considéré comme fuite.
Budget RHD total CREDOC
% du budget alimentaire total
%
dont fuite hors territoire hypothèse
Chaînes, fast food, cantines groupes nationaux
%
dont restauration locale hypothèse
Restaurants indépendants, traiteurs locaux, marchés
40%
Budget RHD total / an
—
dont fuite RHD
—
chaînes + groupes nationaux
dont RHD locale
—
restaurants indépendants locaux
Visualisation des flux alimentaires — ménages SMVIC
Budget total
Budget alimentaire total
100%
—
↑ Fuites hors territoire
Grande distribution (GMS)
fuite quasi-totale
—
—
RHD — fuite (chaînes)
restauration fast food, cantines nationales
—
—
E-commerce / vente à distance
drive, livraison, commandes en ligne
—
—
↓ Flux € restant sur le territoire
Commerce local spécialisé
boucheries, primeurs, bio, épiceries
—
—
Circuits courts / vente directe
AMAP, marchés fermiers, ferme
—
—
RHD locale
restaurants indépendants, traiteurs
—
—
Total fuites / an
—
quitte le bassin de vie
Total local / an
—
reste dans l'économie locale
Taux de rétention
—
% du budget alim. local
Méthodologie RHD : La restauration hors domicile inclut tous les repas pris hors du foyer. Pour le SMVIC, territoire semi-rural, on distingue les établissements indépendants locaux (bénéfice territorial) des chaînes et groupes de restauration collective dont la marge quitte le territoire. Le taux de 60% de fuite RHD est une hypothèse conservatrice — à affiner avec une enquête locale (chambres consulaires, INSEE, ?).
Étape 03Filières locales & exports — argent qui rentre, production qui sort
Un flux financier inverse : Les exports représentent des €€ qui entre sur le territoire (chiffres d'affaires des producteurs) en échange de productions locales qui sortent. C'est un contrepoids essentiel à la notion de "fuite" — les producteurs exportateurs génèrent revenus, emplois et masse salariale locale, même si leur produit n'est pas consommé sur place. Ce flux finance les exploitations et nourrit l'économie du bassin de vie - Mesurer les risque qui pèse sur une filière qui peut péricliter (transformation du climat) ?.
🌾Filières agricoles et agroalimentaires du territoire SMVIC
CA total estimé et part export par filière — modulables. Sources : Chambre d'Agriculture Isère, Agreste, données coopératives. Les chiffres de CA sont des estimations à affiner / consolider.
| Filière | Estimation CA filière | % export | CA total estimé | CA export | CA local |
|---|---|---|---|---|---|
| TOTAL toutes filières | — | — | — | — | |
Total exports agri SMVIC
—
revenus entrant sur le territoire
CA vendu localement
—
circuits locaux toutes filières
Emplois agri estimés
—
directs toutes filières
Rapport exports / fuites
—
exports ÷ fuites consommateurs
Lecture du rapport exports/fuites : Si ce ratio est > 1, le territoire "gagne" plus en exports agricoles qu'il ne "perd" en achats GMS. Dans ce cas, la question politique est moins la balance commerciale brute que la distribution de la valeur : qui capte les marges, combien d'emplois sont créés, et quelle qualité alimentaire pour les habitants ? La SSA agit précisément sur ce deuxième levier.
🗺Changer d'échelle : quel bénéfice à reterritorialiser une partie de la production au-delà du SMVIC ?
Le périmètre intercommunal du SMVIC (47 communes, ~45 300 hab.) capte une partie du bénéfice de la relocalisation, mais une partie des filières (transformation, logistique, débouchés export) fonctionne déjà à l'échelle du département de l'Isère ou de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Reterritorialiser une part de la production agricole à cette échelle élargie pose une question différente de celle de la SSA locale : elle vise moins la consommation des ménages du bassin de vie que la structuration de filières (outils de transformation mutualisés, foncier agricole préservé, débouchés en restauration collective départementale/régionale — collèges, lycées, hôpitaux, EHPAD).
Bénéfice économique départemental
Un développement de filières (noix, fromages AOP, arboriculture) à l'échelle Isère peut mutualiser outils de transformation et logistique, tout en gardant la valeur ajoutée dans le département — utile pour dimensionner des appels d'offres de restauration collective (collèges, EHPAD) au-delà du seul SMVIC.
Bénéfice économique régional
À l'échelle Auvergne-Rhône-Alpes, la question devient celle des grands équilibres : surfaces agricoles disponibles, autonomie alimentaire régionale, place des SIQO (AOP/IGP) dans les stratégies d'achat public régionales (lycées) et dans les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) voisins.
Point de vigilance pour l'atelier : ce volet n'est pas chiffré dans le modèle actuel (qui reste calibré sur le SMVIC). Il s'agit ici d'ouvrir la discussion avec les acteurs de santé et les collectivités partenaires sur l'échelle pertinente pour investir dans le foncier agricole, les outils de transformation et les débouchés en restauration collective — une réflexion à documenter avec la Chambre d'Agriculture de l'Isère, le Département et la Région.
Exemple de référence
🌰
Coopenoix / CT Noix — AOP Noix de Grenoble
Principal acteur de la filière noix sur le territoire · données réelles
Noix fraîches
300 t
/an
Cerneaux
300 t
/an
Chiffre d'affaires
24 M€
total
Saisonniers
50–70
pleine saison
CA à l'export (75%)
18 M€
argent qui rentre sur le territoire
CA marché local (25%)
6 M€
transformateurs, GMS, épiceries locales
Masse salariale saisonniers
~720 k€
60 ETP × 12 000 €/an moy. réinjectés localement
Étape 04Scénario Sécurité Sociale de l'Alimentation (SSA)
Principe SSA : Une cotisation collective, décidée démocratiquement à l'échelle intercommunale, fléche une part du budget alimentaire des ménages adhérents vers des lieux conventionnés — producteurs locaux, marchés, coopératives — garantissant qualité, ancrage territorial et recirculation économique locale. Ce modèle simule l'impact d'un déploiement progressif sur le territoire SMVIC. Les producteurs déjà exportateurs (noix, fromages…) peuvent devenir des lieux conventionnés SSA pour leur production destinée au marché local.
⚠ Module en cours de développement. La scénarisation SSA se limite aujourd'hui au taux de participation et à la cotisation fléchée. Restent à modéliser : les variantes économiques (financement de la cotisation, gouvernance des lieux conventionnés), les gains de productivité agricole nécessaires pour absorber la demande locale supplémentaire, et les arbitrages d'usage des sols (surfaces à réserver/reconvertir vers du maraîchage ou de la production vivrière locale). Ces briques seront ajoutées dans une prochaine version.
Paramètres du dispositif SSA
Taux de participation ménages scénario
Part des ménages qui adhèrent au dispositif
%
mén.
Cotisation SSA (% budget alim.) scénario
Part du budget alimentaire fléchée vers lieux conventionnés
%
Montée en charge scénario
Années pour atteindre le taux de participation cible
ans
Part SSA vers circuits courts directs scénario
% de la cotisation fléché vers vente directe producteur (vs commerce local)
%
Résultats du scénario SSA
Ménages participants
—
Flux SSA annuel
—
Local après SSA
—
/an total territoire
Gain vs aujourd'hui
—
Fuite résiduelle (GMS + RHD fuite)
—
après reterritorialisation SSA
Comparaison avant / après SSA
SITUATION ACTUELLE
Total local (commerce + RHD)
—
—
Total fuites (GMS + RHD + e-com)
—
—
AVEC DISPOSITIF SSA
Total local après SSA
—
—
Fuite résiduelle
—
—
Étape 05Impact économique — emploi & fiscalité locale
Bloc A — Emploi & multiplicateur économique
Paramètres du multiplicateur
Multiplicateur keynésien local CEREMA
€ de valeur éco. générée / € dépensé localement
×
Salaire brut moy. — emploi agri/alim. hypothèse
ETP directs et indirects
€/an
Part VA en masse salariale hypothèse
Part de la valeur ajoutée reversée en salaires
%
Part emplois locaux (vs nationaux) hypothèse
%
Résultats d'impact SSA — Emploi
Valeur éco. totale
—
/an (avec multiplicateur)
Emplois créés
—
ETP directs + induits
Masse salariale locale
—
Gain/habitant/an
—
Gain cumulé sur 5 ans
—
Bloc B — Fiscalité locale & grande distribution
Paradoxe fiscal SSA : En reterritorialisant les achats alimentaires vers des producteurs locaux et des marchés (achat direct, hors magasin ≥ 400 m²), le modèle SSA réduit mécaniquement l'assiette des taxes commerciales locales prélevées sur la grande distribution — TaSCom (taxe sur surfaces commerciales, ≥ 400 m²), CFE (cotisation foncière des entreprises) et taxe foncière professionnelle. Consolider cette réduction d'assiette en rapport avec les zones commerciales locales (Chatte - Saint-Sauveur - Vinay).
🏛Paramètres fiscaux GMS sur le territoire
Surface GMS estimée SMVIC hypothèse
Total surfaces de vente ≥ 400 m² sur le territoire (Leclerc, Intermarché, Super U, etc.)
m²
CA moyen GMS par m² INSEE
CA annuel rapporté à la surface de vente (GMS alimentaires : 5 000–9 000 €/m²)
€/m²
Part alimentaire du CA GMS INSEE 2024
Alimentaire = ~65% des ventes en hypermarché, ~85% en supermarché
%
Taux CFE moyen intercommunal hypothèse
Taux voté par la SMVIC (à vérifier avec les données REI DGFiP)
%
Part SSA vers achat direct (hors GMS) hypothèse
% du flux SSA vers des circuits qui échappent à la TaSCom (marchés, fermes, AMAP…)
%
Résultats — Impact fiscal SSA sur la collectivité
Méthode TaSCom : Le taux varie de 5,74 à 34,12 €/m² selon le CA/m². Pour un hypermarché à 6 500 €/m², le taux est ~8,32 €/m² (tranches progressives). La majoration État de 50 % s'applique au-delà de 2 500 m². La collectivité perçoit la part communale (coefficient 0,8–1,2).
CA alimentaire GMS / an
—
assiette des achats alimentaires GMS
TaSCom annuelle estimée
—
part communale · territoire SMVIC
CFE GMS estimée
—
base valeur locative × taux communal
Fiscalité totale GMS/an
—
TaSCom + CFE + TF (estimation)
AVEC DISPOSITIF SSA — impact sur les recettes fiscales
Perte fiscale estimée / an
—
taxes GMS perdues par reterritorialisation
Compensation fiscale activité locale
—
CFE + TF des nouveaux acteurs locaux
Solde fiscal net SSA
—
fourchette · estimation à préciser
Nuances importantes : (1) La TaSCom est proportionnelle au CA de l'établissement — elle diminue uniquement si le CA de la GMS baisse réellement ou si l'établissement ferme. Une redirection de 5% des achats ne représente qu'une variation marginale. (2) La CFE et la taxe foncière sont assises sur la valeur locative des biens, pas sur le CA — elles ne varient pas à court terme, quelle que soit l'évolution de l'activité. (3) La compensation fiscale des nouveaux acteurs locaux (marchés, points de vente collectifs) est faible à court terme (~0,8% du flux redirigé) mais croît avec le développement des structures. (4) Ces calculs sont des ordres de grandeur indicatifs. Pour une évaluation précise : solliciter la Direction des Finances de la SMVIC avec les données REI DGFiP et les délibérations de taux en vigueur.
Étape 06Externalités — une lecture One Health de la reterritorialisation alimentaire
Coûts cachés du système alimentaire actuel : Les maladies liées à une alimentation déséquilibrée et ultra-transformée représentent 12,3 Mds€/an de dépenses de santé en France (étude BASIC, 2024) et 10,6 Mds€/an pour l'obésité seule (Asterès). Un modèle SSA, en favorisant des produits locaux de qualité, génère des externalités positives : réduction des pathologies chroniques, baisse des arrêts de travail, moindre pression sur le système de soins — des bénéfices qui se répercutent sur les comptes des collectivités (APA, RSA, CCAS, crèches) et sur la productivité du bassin de vie.
🌐Pourquoi une approche « One Health » ?
L'approche One Health ("une seule santé") part du constat que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont étroitement liées et interdépendantes. Appliquée au système alimentaire, elle invite à ne pas isoler l'externalité « santé publique » (pathologies chroniques, obésité) des externalités environnementales (qualité des sols, biodiversité, usage de pesticides, empreinte carbone du transport) et sociales (lien social, éducation alimentaire) que produit un modèle de reterritorialisation comme la SSA. Ces trois dimensions sont documentées ci-dessous, avec une monétarisation partielle côté santé (assiette disponible) et une présentation qualitative pour les dimensions environnementale et sociale.
Source : INRAE — Illustration du concept One Health
Volet 1 — Santé humaine (monétarisé)
🏥Paramètres — Externalités santé
Données nationales de référence
Coût santé alim. déséq.
12,3 Mds€
/an France · BASIC 2024
Coût obésité collectivité
10,6 Mds€
/an France · Asterès 2024
Coût par obèse
1 240 €
/an moyen · Assurance maladie
Prévalence obésité / surpoids sur territoire hypothèse
France : 17 % obésité, 47 % surpoids (InVS/Obépi). Territoires ruraux ~légèrement supérieur.
%
Réduction de prévalence attendue SSA hypothèse
Effet d'une alimentation locale et de qualité sur les pathologies chroniques. Études : -5 à -15% des risques sur 5 ans.
%
Coût annuel moyen par patient pathologie alim. Asterès 2024
Diabète T2, maladies cardio-vasculaires, hypertension — partiellement attribuables à l'alimentation
€/an
Part des coûts portée par collectivités locales hypothèse
CCAS, APA, aide sociale, absentéisme scolaire — hors Assurance maladie centrale
%
Résultats — Externalités santé SSA sur SMVIC
Personnes touchées (actuel)
—
obésité/surpoids/pathologies alim.
Coût santé total territoire
—
/an (Assurance maladie + collectivités)
Personnes concernées par SSA
—
ménages participants × taux prévalence
Réduction coût santé estimée
—
/an territoire (hypothèse prudente)
Économie collectivités locales
—
/an CCAS + aides sociales + scolaire
Économie / habitant SSA / an
—
externalité positive nette
Sources — volet santé : BASIC (Bureau d'Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne) — L'injuste prix de notre alimentation, sept. 2024 : 12,3 Mds€ coûts santé liés à alimentation déséquilibrée. Asterès, 2024 : 10,6 Mds€/an coût obésité pour la collectivité, 1 240 €/individu. Direction Générale du Trésor, 2016 : coût social surcharge pondérale 20,4 Mds€. OCDE, 2019 : coût direct obésité 8,1 Mds€ (France). Prévalence obésité France : 17 % (InVS/Obépi 2024). La réduction de prévalence de 8 % sur 5 ans est une hypothèse prudente, calibrée sur les études d'intervention alimentaire communautaire (IPES, 2023).
Volet 2 — Santé environnementale (qualitatif)
🌱Sols, biodiversité, empreinte carbone
Sols & biodiversité agricole
Une demande locale stabilisée (SSA, restauration collective) sécurise le maintien de surfaces en polyculture-élevage et en maraîchage plutôt que leur conversion ou leur abandon — avec un effet sur la biodiversité des sols et des paysages agricoles du Vercors et des Chambarans.
Transport & empreinte carbone
Les circuits courts et la vente directe réduisent les kilomètres parcourus par l'alimentation (moins de plateformes logistiques nationales), au bénéfice de l'empreinte carbone du territoire — un effet à documenter avec un bilan carbone dédié.
Usage des intrants
Les circuits SSA/AMAP valorisent davantage les pratiques agroécologiques et biologiques que les circuits de grande distribution standardisés — avec des effets potentiels sur la qualité de l'eau et des sols.
Risque climatique sur les filières
Le changement climatique pèse sur des filières phares du territoire (ex. noix de Grenoble, sensibilité au gel et à la sécheresse) — un argument supplémentaire pour diversifier et sécuriser les débouchés locaux face à un risque de production.
Ce volet est aujourd'hui qualitatif. Une monétarisation (bilan carbone, coût évité de dégradation des sols) pourra être ajoutée dans une prochaine version, en lien avec un diagnostic agro-environnemental du territoire.
Volet 3 — Lien social & éducation (qualitatif)
🤝 Lien social
Marchés et lieux conventionnés créent du lien social, réduisent l'isolement (externalité positive CCAS).
📚 Éducation alimentaire
Reconnexion enfants / producteurs, cuisine scolaire locale : effet préventif documenté à long terme.
💼 Productivité
Réduction absentéisme, meilleure santé des actifs : gains de productivité pour les entreprises du territoire.
🏥 Coordination avec les acteurs de santé
CPTS, PMI, CCAS, Sécurité sociale : la SSA peut devenir un levier de prévention partagé plutôt qu'un dispositif uniquement agricole ou économique.
Étape 07Bilan comparatif — Arguments pour les élus et les acteurs de santé
Fuites actuelles
—
/an hors territoire
CA exports agri
—
/an rentre sur territoire
Local avant SSA
—
/an
Local après SSA
—
/an
Emplois créés SSA
—
ETP
Économie santé/an
—
collectivités locales
Tableau comparatif détaillé
| Indicateur | Avant SSA | Avec SSA | Évolution |
|---|---|---|---|
| Budget alimentaire total / an | — | — | — |
| Circuits locaux totaux | — | — | — |
| Part locale (%) | — | — | — |
| Fuite totale / an | — | — | — |
| CA exports agricoles (rentrée) | — | — | — |
| Solde net territoire | — | — | — |
| Emplois créés (ETP) | — | — | — |
| Valeur éco. générée / an | — | — | — |
| Gain / habitant / an (éco.) | — | — | — |
| Externalités santé — One Health (onglet ⑥) | |||
| Personnes touchées (pathologies alim.) | — | — | concernées SSA |
| Réduction coût santé estimée / an | — | — | — |
| Économie collectivités locales / an | — | — | — |
| Économie santé / habitant / an | — | — | — |
| Fiscalité locale (Bloc B) | |||
| Fiscalité GMS annuelle (TaSCom + CFE) | — | — | → |
| Perte fiscale nette SSA | — | — | — |
| Solde fiscal net (perte – compensation) estimation à préciser | — | — | — |
Arguments économiques clés
① Recirculation de l'argent public
Une part des salaires, retraites et prestations sociales (financées par les cotisations et l'impôt) est actuellement captée par des enseignes nationales sans retour local. La SSA réoriente ces flux vers des producteurs et commerçants du territoire.
② Effet multiplicateur démontré
Chaque € dépensé en circuit local génère 1,7× à 2,5× de valeur économique sur le territoire, vs 1,0–1,1× en grande surface nationale dont les marges bénéficiaires quittent le bassin de vie.
③ Emplois non-délocalisables + valorisation des exports
Les emplois agricoles et alimentaires locaux ne peuvent pas être externalisés. La SSA renforce les producteurs qui exportent déjà (Coopenoix, fromageries) et leur crée un débouché local complémentaire sécurisé.
④ Gouvernance démocratique locale
La SSA donne aux citoyens-cotisants le droit de choisir collectivement les producteurs conventionnés, créant un lien direct entre politique publique intercommunale, consommateurs et producteurs locaux.
Avertissement méthodologique : Ce modèle est un outil de plaidoyer et d'estimation. Les fuites GMS sont calculées sur base INSEE 2024 (59,4% part de marché nationale, ajustée pour un territoire rural). Les filières d'export sont des estimations à affiner avec la Chambre d'Agriculture de l'Isère, les coopératives locales et les données Agreste. Pour une étude d'impact consolidée : croiser avec Filosofi EPCI exact, fichiers CAF, DADS, +? et idéalement une enquête de dépenses sur échantillon de ménages SMVIC.